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Healthy Skepticism Library item: 16586

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Publication type: news

Gagnon MA
Recherche médicale: la belle affaire! - Medical Research: A Beautiful Business!
Le Devoir 2009 Sep 4
http://www.ledevoir.com/2009/09/04/265495.html


Full text:

Le New York Times et la revue PLoS Medicine dévoilaient plus tôt ce mois-ci comment tout un système de ghostwriting avait été mis en place par la compagnie Wyeth dans le but de promouvoir l’hormonothérapie pour les femmes ménopausées. Le ghostwriting (utilisation d’auteurs fantômes) consiste, pour une firme, à produire une étude favorable à ses intérêts puis à la faire signer par un expert reconnu afin qu’elle soit publiée «comme si» elle avait été produite de manière indépendante.

La communauté scientifique québécoise a été indignée d’apprendre qu’une chercheuse reconnue de McGill, Barbara Sherwin, avait signé une de ces études favorables à l’hormonothérapie et produites par Wyeth. Le geste est évidemment condamnable, mais il faut le savoir: il est devenu d’une banalité déconcertante dans le monde de la recherche médicale.

Articles rédigés

Quatorze grandes firmes pharmaceutiques se partagent les deux tiers d’un marché mondial de 850 milliards de dollars et dépensent normalement deux fois plus en promotion qu’en recherche. Le problème s’aggrave lorsqu’on constate que la recherche scientifique est organisée comme des campagnes promotionnelles visant à produire des arguments de vente pour les produits.

Ainsi, des documents internes de Pfizer obtenus par le chercheur David Healy ont permis de révéler qu’entre 1998 et 2000, pas moins de 85 articles scientifiques sur la sertraline (l’antidépresseur Zoloft) avaient été rédigés à l’initiative directe de Pfizer. Durant cette période, l’ensemble de la littérature scientifique comptait seulement 211 articles sur cette molécule. Pfizer avait ainsi produit une masse critique d’articles favorables au médicament, ce qui lui a permis de noyer les études critiques.

En janvier 2008, on apprenait que l’industrie avait systématiquement «omis» de publier les études défavorables sur la nouvelle génération d’antidépresseurs, y compris sur le Zoloft. Sur 74 essais cliniques consacrés aux antidépresseurs, 38 étaient favorables au médicament, tandis que 36 considéraient le médicament douteux ou inutile. Néanmoins, 94 % des études favorables avaient été publiées, 15 % des études défavorables avaient été publiées dans un langage laissant croire que les résultats étaient favorables, et à peine 8 % des études défavorables avaient été publiées telles quelles.

En lisant les études disponibles, un médecin ne peut qu’avoir une opinion subjective des bienfaits de la nouvelle génération de médicaments, ce qui explique la grande facilité avec laquelle les médecins en sont venus à prescrire les antidépresseurs de manière systématique.

Fausse revue médicale

Pour orienter la recherche en faveur de son antidépresseur Paxil, on apprenait la semaine dernière que GlaxoSmithKline avait organisé une campagne secrète pour publier des études favorables au produit. La campagne de ghostwriting avait été nommée, non sans humour, Case Study Publication for Peer-Review, ou CASPPER, en référence au célèbre «friendly ghost». Pour promouvoir son tristement célèbre Vioxx, Merck avait aussi monté une campagne de ghostwriting, omettant de mentionner la mort de certains cobayes durant les essais cliniques.

Au cours des audiences d’un recours collectif contre le Vioxx en Australie, on apprenait en mai que Merck avait aussi mis sur pied une fausse revue médicale, l’Australasian Journal of Joint and Bone Medicine, publiée par l‘éditeur scientifique Elsevier, laissant croire que les articles publiés étaient revus par les pairs.

Ces pratiques sont omniprésentes et corrompent la recherche médicale. Pire: une firme qui refuserait de jouer le jeu par souci éthique perdrait rapidement ses parts de marché. Les profits pharmaceutiques ne reposent pas sur l’innovation thérapeutique améliorant la santé des patients, mais plutôt sur la capacité de modeler le savoir médical pour se créer des niches de marché. Le professeur Sherwin soutient qu’elle n’a pas été payée par la firme qui a produit l‘étude de Wyeth, et que l‘étude publiée était scientifiquement correcte et ne contenait aucun mensonge. Fort bien; mais là n’est pas la question.

Résultats

Il faut comprendre comment se construit le savoir médical. Supposons que dix recherches portant sur la même molécule soient toutes menées selon des protocoles de recherche approuvés. Les résultats divergeraient selon que l’on mettrait l’accent sur certains éléments ou sur d’autres. Supposons que sept de ces recherches obtiennent des résultats défavorables, et trois des résultats favorables. Le savoir médical devrait se construire en tant que synthèse de ces dix recherches.

Toutefois, par des ententes de partenariat avec les universités, les firmes sont parties prenantes de la recherche et dirigent leurs fonds vers les recherches dont les résultats sont les plus susceptibles de leur être favorables, empêchant même parfois la divulgation des résultats défavorables. C’est là une des raisons fondamentales qui expliquent qu’il y ait si peu de littérature portant sur les dangers liés aux effets secondaires des médicaments, des dangers que l’on ne peut trouver que si l’on obtient les moyens de les chercher.

Maintenant, supposons qu’un chercheur produise des études et des interprétations scientifiquement correctes, mais présentées d’une manière sympathique aux intérêts des firmes. Obtenant, sur la base de cette sympathie, plus de fonds de recherche, il jouira en conséquence d’un plus grand prestige et aura une voix plus importante dans la communauté scientifique. Un plus grand financement lui apportera aussi une plus grande reconnaissance de son université et plus de tribunes lui seront ouvertes, ce qui fera de lui un expert plus influent.

Savoir médical

Que se passe-t-il toutefois si un chercheur interprète (aussi correctement) les résultats de manière plus critique et soutient qu’un produit est peu efficace ou encore dangereux, comme l’ont fait plusieurs avant le scandale du Vioxx? Dans des courriels internes de la firme Merck, divulgués en cour, on constate que la firme avait dressé une liste noire de chercheurs «voyous»: «Discredit, Neutralize, Destroy!», explique l’un des courriels.

Les chercheurs critiques, ou pas assez complaisants envers l’industrie, sont souvent marginalisés dans la communauté scientifique et deviennent incapables d’obtenir des fonds pour poursuivre leurs recherches. Ce fut le cas du Dr Olivieri, de l’Université de Toronto, qui avait publié les résultats défavorables pour un médicament d’Apotex, grand donateur pour cette université. Le Dr David Healy, quant à lui, a perdu le poste qu’il avait obtenu à l’Université de Toronto à la suite d’une conférence trop critique sur le Prozac. Le fabricant du médicament, Eli Lilly, était aussi partenaire de l’université.

En fait, le problème est peut-être là: tant que les firmes tiendront les cordons de la bourse de la recherche médicale et académique, le savoir médical se construira de manière sélective, comme un argument de vente, et non pas comme un savoir critique visant à améliorer la santé et le bien public. Et tant que les universités, chroniquement sous-financées, encourageront de tels partenariats avec des firmes subventionnaires, la porte restera grande ouverte pour la poursuite de la corruption de la recherche scientifique.

The New York Times and the PloS journal Medicine revealed earlier this month how a ghostwriting system had been put in place by Wyeth with the goal of promoting hormone therapy for menopausal women. For a company, ghostwriting, (using phantom authors) consists of producing a study favourable to its interests and then having a recognized expert sign his or her name to it so that it becomes published “as if” it had been produced independently.
The scientific community in Quebec was indignant to learn that a well-known researcher from McGill, Barbara Sherwin, had signed one of these studies favourable to hormone therapy and Wyeth products. Such behaviour obviously merits condemnation, and yet it is important to know that this disconcerting example has become banal in the medical research world.
Composing articles
Fourteen large pharmaceutical companies share two-thirds of the world market valued at 850 billion dollars and spend twice as much on promotion as on research. The problem, worsens when one factors in how scientific research is organized like promotional campaigns aimed at producing sales pitches for products.
Moreover, the internal documents from Pfizer obtained by researcher David Healy reveal that between 1998 and 2000, no fewer than 85 scientific articles on sertraline (the generic term for the antidepressant, Zoloft) had been prepared under the direct oversight of Pfizer. During this period, the total scientific literature on this molecule amounted to only 211 articles. Pfizer thus had produced a critical mass of articles favourable to the drug, which allowed it to dismiss any studies that criticized the product.
In January 2008, we learned that the industry had systematically « omitted » publishing studies unfavourable to the new generation of antidepressants, including Zoloft. Out of 74 clinical trials on these products, 38 were favourable to the drugs, while 36 deemed them of doubtful benefit or useless. Nevertheless, 94 percent of the favourable studies were published, and 15 percent of the unfavourable ones were published using language that led one to think that the results had been favourable. Barely 8 percent of the unfavourable studies were published as is.
Reading the available studies, a doctor couldn’t fail to come to a favourable opinion of the benefits of this new generation of drugs, something which explains the enormous ease with which doctors came to prescribe these products as a matter of course.
Fake Medical Journals
To orient research in favour of its antidepressant Paxil, GlaxoSmithKline, as we learned last week, organized a secret campaign to publish favourable studies on it. The campaign of ghostwriting was called (not without humour) Case Study Publication for Peer-Review or CASPPER, referencing the famous “friendly ghost’. To promote its sadly celebrated Vioxx, Merck had also mounted a ghostwriting campaign, failing to mention the deaths of some “guinea pig” test subjects during the clinical trials.
During the hearings reviewing the market withdrawal of Vioxx in Australia, it was learned that in May, Merck had also launched a fake medical journal – TheAustralian Journal of Joint and Bone Medicine, published by the scientific publishing house, Elsevier, leading everyone to believe that its published articles had been peer-reviewed.
Such practices are everywhere and are corrupting medical research. What’s worse, a company that refuses to play the game out of ethical considerations, quickly loses market share. Pharmaceutical profits do not rely on therapeutic innovation to improve patient health, but instead on the industry’s capacity to shape medical knowledge to create market niches. Professor Sherwin maintains she was not paid by the firm that produced the Wyeth study and that the study published was scientifically correct and contains no lies. That’s well and good, but that’s not the real question.
Results
We have to understand how medical knowledge is constructed. Suppose that 10 researchers working on the same molecule are all working according to the same approved research protocols. Their individual results would diverge depending on which aspects of the results each researcher chooses to emphasize. Suppose that 7 of these researchers get unfavourable results, and three favourable ones. Medical knowledge should be built based on a synthesis of the work of all ten researchers. All the same, through partnership agreements with universities, companies are influential parties and direct their funding towards researchers whose results are most likely to be favourable to them, sometimes even preventing the release of unfavourable results. This is one of the fundamental reasons explaining why there is so little literature on the dangers linked to the side effects of medication, dangers one couldn’t find out about unless one had the resources to look for it.
Now, suppose a researcher produces studies and interpretations that are scientifically correct, but are presented in a manner sympathetic to the interests of the manufacturers. On the basis of this sympathy, the researcher receives more funding and as a result will enjoy higher prestige and have a more important voice in the scientific community. More financial support also brings more recognition from his or her university and more speaking opportunities will be open to him, making him a more influential expert.
Medical Knowledge
What happens if a researcher interprets (equally correctly) the results in a more critical manner and maintains that a product is not very effective or even dangerous, as many did before the Vioxx scandal? In Merck’s internal emails, revealed in court, we learned that the company drew up a blacklist of “rogue” researchers. “Discredit, Neutralize, Destroy!” one of the emails urged. Researchers who are critical, or those who are not sufficiently compliant towards industry, are often marginalized in the scientific community and become incapable of obtaining the grants to continue their research. That’s what happened in the case of Dr. Olivieri, from the University of Toronto, who had published unfavourable results for a medication produced by Apotex, a major donor to the University. Dr. David Healy, in his case, lost the job he had been offered at the University of Toronto following a conference presentation too critical of Prozac, whose manufacturer, Eli Lilly, is also a partner of the University.
Perhaps, in fact, that’s where the problem lies: as long as companies hold the purse strings for medical and academic research, medical knowledge will be built in a selective manner, like a sales pitch, and not as critical knowledge aimed at improving the health and well-being of the public. As long as universities, chronically under-financed, encourage such partnerships with grant-giving companies, the door will remain wide-open to the corruption of scientific research

 

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Far too large a section of the treatment of disease is to-day controlled by the big manufacturing pharmacists, who have enslaved us in a plausible pseudo-science...
The blind faith which some men have in medicines illustrates too often the greatest of all human capacities - the capacity for self deception...
Some one will say, Is this all your science has to tell us? Is this the outcome of decades of good clinical work, of patient study of the disease, of anxious trial in such good faith of so many drugs? Give us back the childlike trust of the fathers in antimony and in the lancet rather than this cold nihilism. Not at all! Let us accept the truth, however unpleasant it may be, and with the death rate staring us in the face, let us not be deceived with vain fancies...
we need a stern, iconoclastic spirit which leads, not to nihilism, but to an active skepticism - not the passive skepticism, born of despair, but the active skepticism born of a knowledge that recognizes its limitations and knows full well that only in this attitude of mind can true progress be made.
- William Osler 1909